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Le suicide - Maryline Médioni

Selon la célèbre thèse de Durkheim, les catholiques se suicident moins que les protestants pour la bonne raison que l’Église catholique est une société plus intégrée que les autres groupes chrétiens; les Juifs se suicident moins que les catholiques en raison de leur attachement à leur communauté religieuse.

 

Ce n’est donc pas la crainte de l’au-delà qui inspire l’horreur du suicide: «la religion qui a le moindre penchant pour le suicide, c’est-à-dire le judaïsme, est aussi celle où l’idée d’immortalité joue le moindre rôle»


Le suicide a toujours été interdit par la loi juive à l'exception de trois cas bien précis : si quelqu'un est forcé par autrui à commettre un meurtre, s'il est forcé à commettre un acte d'idolâtrie, ou s'il est forcé à commettre un adultère ou un
inceste.


Emile Durkeim va dans son livre ; le suicide (1897), démontrer par l’analyse de séries statistiques, que le suicide ne peut en aucun cas se réduire à un événement psychologique et individuel. Il s’agit d’un fait social aux dimensions collectives, qu’il définira de la manière suivante « on appelle suicide tout cas de mort qui résulte directement ou indirectement d’un acte positif ou négatif, accompli par la victime elle-même et qu’elle savait devoir produire ce résultat ».


C’est un acte exclusivement humain, le suicide est commun
à toutes les sociétés depuis les temps les plus reculés. Cependant, on relève des différences majeures dans l’attitude des groupes et des sociétés envers le suicide, dans la façon dont il est commis et dans sa fréquence à différentes époques de l’histoire. Dans l’empire Romain, il était d’usage qu’un proche de l’empereur qui souhaitait mettre fin à ces jours en demande l’autorisation à ce dernier, le suicide était un acte légitime et souvent célébré. Les Romains, qui suivaient la doctrine du stoïcisme, reconnaissaient de nombreuses raisons valables au suicide. Sénèque le saluait comme le dernier acte de l’homme libre.

 

Dans l’antiquité, le suicide était commis après une défaite militaire afin d’éviter les possibles tortures ou la mise en esclavage. Les Juifs de Massada, offrent un autre exemple en se suicidant en 74 av l’ère chrétienne pour échapper aux tortionnaires romains. Le « célèbre » hara-kiri des samouraïs qui par honneur se tuaient pour restituer l’honneur de leur clan ou ne pas être fait prisonnier. Sans oublier, encore que les informations sur ce sujet soient secrètes, du domaine du tabou, l’augmentation des actes suicidaires de nos soldats de Tsahal.


L’analyse de Durkeim selon laquelle le suicide constitue bel et bien un phénomène social a été prolongée par de nombreux sociologues. La psychopathologie et la psychanalyse ont joint aujourd’hui leurs explications dans une étiologie souvent convergente. La formule de Freud, selon laquelle « nul n’est probablement à même de trouver l’énergie de se tuer, à moins de commencer à trouver quelqu’un à qui il s’est identifié », marqua l’interprétation psychanalytique du phénomène. Durkeim détermine quatre types de suicide. Deux concernent les sociétés modernes : le suicide anomique, caractéristique des crises qu’elles traversent, le suicide égoïste, caractéristique de leur tendance normale au déficit de liens communautaire.


Le suicide altruiste se rencontre dans les sociétés à solidarité mécanique, où l’individu se sacrifie pour conforter le groupe et le suicide fataliste. Il est intéressant de souligner que le judaïsme ne qualifie pas le suicide en termes moraux de bien ou de mal. Je vous laisse découvrir à travers ce nouveau dossier de Vision D’Israël des éléments d’approche de la vision juive du suicide.

 

 

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